L’enfant et les écrans

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L'enfant et les écrans

Article publié le 30 septembre 2016  Mot(s) clé :   Enfant Internet  Enregistrer au format PDF   Version PDF

Est-ce anodin de laisser les jeunes enfants devant les écrans ? C’est peut-être pratique, mais ce n’est pas sans conséquence sur la psychologie et l’éveil de l’enfant. Plusieurs ouvrages scientifiques le confirment.

Pour les parents, la tentation est grande de laisser les plus petits devant un écran, que ce soit un jeu, un dessin animé, une bande dessinée en ligne, car assez souvent, l’enfant, s’il est très jeune, est captivé par l’image, et il reste calme.

De plus en plus, on parle d’ordinateurs à l’école, et certains pays, comme la Finlande, ont décidé que l’apprentissage de l’écriture se ferait sur tablettes.

Plus âgé, l’enfant apprend à se connecter sur le web, à surfer, et à utiliser les réseaux sociaux.

Cette relation à l’écran a-t-elle des conséquences sur la psychologie enfantine ?

Plutôt que de donner des réponses du genre "Je pense que", il m’a semblé plus utile de proposer le rapport de l’Académie des sciences publié en janvier 2013. Ce rapport, très documenté, met en avant la théorie "3-6-9-12", que le psychiatre Serge Tisseron explique ainsi sur son site web :


1. Pas d’écran avant 3 ans, ou tout au moins les éviter le plus possible
Parce que de nombreux travaux montrent que l’enfant de moins de trois ans ne gagne rien à la fréquentation des écrans

2. Pas de console de jeu portable avant 6 ans
Aussitôt que les jeux numériques sont introduits dans la vie de l’enfant, ils accaparent toute son attention, et cela se fait évidemment aux dépens de ses autres activités. En outre, avant que l’enfant ne sache lire, les seuls jeux possibles sont sensori moteurs et basés sur la stéréotypie motrice.

3. Pas d’Internet avant 9 ans, et Internet accompagné jusqu’à l’entrée en collège
L’accompagnement des parents sur Internet n’est pas seulement destiné à éviter que l’enfant y soit confronté à des images difficilement supportables. Il doit lui permettre d’intégrer trois règles essentielles : tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public, tout ce que l’on y met y restera éternellement, et tout ce que l’on y trouve est sujet à caution parce qu’il est impossible de savoir si c’est vrai ou si c’est faux.

4. Internet seul à partir de 12 ans, avec prudence

Là encore, un accompagnement des parents est nécessaire. Il faut définir avec l’enfant des règles d’usage, convenir d’horaires prédéfinis de navigation, mettre en place un contrôle parental...

5. Une règle nécessaire, mais pas suffisante
Enfin, si la règle « 3-6-9-12 » est nécessaire, elle n’est pas suffisante à elle seule. Cadrer le temps d’écran, et cela à tout âge, est essentiel. Entre 3 et 5 ans notamment, les enfants n’ont rien à gagner à passer plus d’une heure par jour devant un écran. Par ailleurs, ils doivent bénéficier d’une éducation qui leur permette de comprendre les conditions de production des divers médias et leurs modèles économiques. C’est le rôle de l’institution scolaire de les leur donner.

Les écrans doivent être encadrés dès l’enfance et l’enfant éduqué aux médias. La règle « 3-6-9-12 » est une pièce majeure de ce dispositif, mais une pièce seulement. »


Voir en ligne : http://www.sergetisseron.com/blog/la-regle-3-6-9-12-relayee-par-l

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