Un autre bivouac au Montenvers

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Les photos ont été prises le 15 juillet 2017. Cliquez sur les vignettes pour afficher un diaporama.

J’imagine que chacun a sa « madeleine de Proust » : un truc qui vous rappelle les émotions de votre enfance ; Pour moi, c’est le Massif du Mont Blanc, Chamonix et sa région. J’y ai passé toutes mes vacances d’adolescent, et une partie de moi-même est la conséquence des courses en montagne, des écoles d’escalade, de l’amitié en cordée, des efforts ensemble : faire face aux difficultés, trouver son itinéraire, respecter un horaire, admirer la nature, rendre grâce pour tant de beauté…

Bref : je n’ai plus trop la possibilité de faire de la Haute Montagne, et je dois bien avouer que cela me manque. C’est pourquoi, dès que j’en ai l’occasion, je m’évade et je retourne dans mon jardin d’enfance.

Déjà, en 2015, j’ai pu fêter mon entrée dans mon second demi-siècle par un bivouac au dessus du Montenvers. Le jour J, j’avais trouvé le moyen d’être en montagne. Cette année là, il faisait très chaud pour un 4 juillet, l’iso zéro était à 4 800 m, et je n’avais même pas pris de tente. Je garde un souvenir ému de ces heures magnifiques.

Depuis, j’étais retourné une fois à Chamonix, en 2016, mais avec une nuit dans un sympathique hôtel du Village des Bois. Certes très agréable, mais…

Et cette année, j’ai vu qu’une possibilité se présentait, et je me suis arrangé pour ne pas la laisser passer. L’un de mes amis ne connaissait presque pas le massif et sa région. Nous étions libres tous les deux le week-end du 15-16 juillet.

Arrivés à Chamonix le samedi 16 vers 16h, nous sommes un peu déconcertés par la météo : le plafond est bas, on ne voit pas les sommets. Faut-il partir ? Rapide détour par la Maison de la Montagne, on regarde le dernier bulletin météo, qui nous assure que le ciel va se dégager dans la nuit. Fort du célèbre dicton chamoniard « Qui consulte trop la météo, passe sa journée au Bistro », nous partons par le train du Montevers.

Je montre à mon ami les échelles de la Mer de Glace vers les différents refuges, puis nous montons vers notre lieu de bivouac.

Pour ceux que cela intéresserait, nous allons jusqu’au Signal Forbes, et là, on tourne à gauche, sur un sentier non balisé, peu visible, sauf par quelques Cairns bien marqués. L’idée est de monter vers le Signal des Charmoz, l’endroit est indiqué sur la carte IGN.

Je retrouve l’endroit où j’ai dormi il y a deux ans, mais à cause du vent, nous plantons la tente un peu en contrebas.

La chance sourit aux audacieux : comme vous le verrez sur les photos, les nuages sont partis vers 20h. Les plus résistants se sont accrochés sur la Verte et les Drus, ce qui ne fut pas sans un certain charme.

Mon copain était content, mais ce n’était rien par rapport à moi. Nous regardons ensemble le coucher de soleil, et en se déplaçant un peu, l’endroit de bivouac nous permet de regarder à droite vers les aiguilles de Chamonix et le Goûter, à gauche vars la Mer de Glace, les Drus et les Grandes Jorasses.

Je n’arrive pas à me coucher. La nuit est belle. Mon copain, lui, est déjà dans son duvet.

Vers 21h30, un hélicoptère du PGHM tourne autour des Drus. Sauvetage ? Exercice ? Je ne sais. Mais les rotations durent assez longtemps. Nous espérons simplement que personne n’est en danger.

Pour les photos, je vous assure que j’ai fait un tri. Regardez-bien, ce ne sont pas les mêmes : des couleurs, des lumières qui évoluent avec la course du soleil.

A suivre...

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